DJ Pal, “The soulful spirit”
À la recherche de la galette perdue par Thomas Pasquet
Article paru dans Clark Magazine / Février 2004
Aller chez Pal, c’est comme s’évader de Paris tout en y restant. Accent chantant du soleil, coolitude communicative, appart´ frais et bien rangé (copine oblige). Le Toulousain est comme ses mixes : avenant, festif et chaleureux. Suivez son activité sur son site (www.palprod.com) et n’hésitez pas à faire appel à lui si vous voulez l’équivalent graphique de ses good vibes !...
>>> Est-ce que tu peux te présenter ?
Mon vrai nom, c’est Vincent, maisA tout le monde m’appelle Pal, c’est comme ça que l’on me connaît depuis l’âge de 10 ans. Enfin j’aime bien que les filles m’appellent Vincent !
Je viens de Toulouse et j’ai commencé à m’intéresser à la musique avec un pote, Mister Supa, qui officie toujours là-bas. On a fait des émissions de radio sur Radio Campus, on a commencé à tourner, à faire des soirées dans la région, ce qui nous a permis de rencontrer et de faire jouer des gens comme Keb Darge, Ninjatune et bien sûr Momo de Big cheese.
Il y avait une petite scène à Toulouse. À côté de ça je suis également graphiste en freelance depuis 1995.
>>> Tu as également co-monté un label ?
Oui, on a créé un collectif au sein duquel s’est créé un label : “Indestructible”. Ensuite, le collectif a splitté. Je suis également ami avec Momo de Big Cheese Records, l’un des premiers labels français, avec Pure, précurseurs en matière de funk à une époque où l’on en parlait pas.
Leurs compils Tasty Groove, spécialisées dans les singles rare groove, et le label Mo Wax, c’est ce qui m’a décidé à partir dans cette musique. Le label Big Cheese a ensuite eu un petit passage à vide suite à des galères juridiques.
Depuis, on a décidé de le remettre au goût du jour, c’est pourquoi on refait des soirées (Résidence à la Favela Chic) et on prépare des choses...
>>> Depuis quand et pourquoi est-ce que tu collectionnes les disques vinyls ?
C’était surtout axé DJ. C’était les débuts du scratch, même si au début on savait pas trop comment faire. Ensuite, on a observé les anciens, et de CD et platine, on est passé à deux platines.
Ensuite vouloir passer des trucs originaux. C’est ce qui m’a fait chercher dans les vide greniers de la région.
Des petits voyages à Londres et aux States, cela ouvre la panoplie. Et puis l’esprit des années 70 est tellement fort, c’est ce qui m’inspire à la fois musicalement et pour mon travail de graphiste.
>>> La taille de ta collection et ce qu’on y trouve le plus ?
Environ 2 000 disques. Le plus important chez moi c’est la Soul, l’esprit soul.
C’est les seuls trucs qui restent depuis le début dans mes bacs, les disques que je ne peux pas lâcher.
J’ai envie d’avoir les disques originaux, ceux que les DJs de l’époque ont fait tourner.
Je ne suis qu’un messager, pas un créatif musicalement. Je me sens comme investi d’une mission, je ne pourrais pas me lasser de faire DJ, c’est quelque chose que je ferai toute ma vie.
>>> Tu serais donc plus collectionneur aux coups de cœur que purement archiviste ?
Faut être un peu les deux. Quand je vais chez Chabin ou Momo, qui ont chacun dans les 8 000 disques, tu peux trouver genre tous les disques de Curtom, passer un après-midi à écouter un label entier, c’est génial. En ce qui me concerne, j’ai essayé de réduire à environ 1 000 LPs, et 1 000 singles, ceux dont je pourrais pas me débarrasser, voire échanger. Y a de la soul, du funk, du reggae, un peu de jazz funk dancefloor, afro et latin, je suis plutôt early sounds !!! Il y a des pièces qui coûtent beaucoup d´argent, mais je veux pas rentrer dans ce jeu-là, même si je respecte ceux qui dépensent des fortunes : les Japonais, car ils gardent les disques en bon état, et quelque part conservent ce patrimoine intact (N.D.L.R. : contrairement aux Français qui, pendant longtemps, ont transformé leurs vinyls en patinoire).
>>> Est-ce que tu échanges et communiques beaucoup avec d’autres collectionneurs ?
Bien sûr. Pour moi un bon disque égale un bon disque, j’ai toujours des trucs à échanger.
Plus tu fais tourner ta collection, plus tu récupères de disques. J’achète, je vends, même si j’ai jamais fait d’argent avec les disques. J’essaye quand même de garder les bons morceaux des disques que j’ai vendus, j’archive sur CDs. Même si je ne les écoute jamais, ça me rassure, car ils sont là, je pourrais me référer à çà. Je garde aussi les références et les visuels pour pouvoir retrouver les disques plus facilement, ou pour le cas où je veux les utiliser, les compiler. C´est une culture à part entière qui me plaît et qui en demande toujours plus.
>>> Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait démarrer une collection ?
Qu’il trouve déjà un pote qui a beaucoup de disques. Histoire de se faire une culture.
Et puis, acheter les CDs et éventuellement des rééditions. Sinon, faire les marchés pour trouver des petits trucs sympa.
>>> Donc tu n’as rien contre les rééditions ?
Disons que moi, je n’en jouerais pas en soirée. D’une part, le son est moins bon.
À part les rééditions comme Jazzman, Stonethrow (N.D.L.R. pressage en 45 tours de disques ultra rare, les premières références sont même devenus collectors) qui sont plus comme des deuxième pressage, en tout cas qui le deviendront dans 10, 20 ans. D’autre part, je ne vois pas l’intérêt de jouer les disques que n’importe qui peut acheter. J’aime faire découvrir. Et puis, tu vas pas t’amuser à jouer une réédition quand le DJ qui passe après toi a l’original ! Sinon je suis pour les rééditions officielles qui sont plus qualitatives ! Et pour l´originalité des styles, c´est cela qui est important dans le set d´un DJ, à mon avis !
>>> Ton actualité à court terme ?
Je prépare deux compilations pour Big Cheese, et une pour Blue Note. Je sors un CD mixé “Extended mix” avec mon pote Mr Supa. Et puis, côté soirées, la résidence Big Cheese qui a lieu tous les 2 mois à la Favela Chic, le rendez-vous pour les amateurs de soul, jazz et funk. On va essayer d’inviter régulièrement des DJs, enfin pas tout le temps, parce qu’on aime bien jouer longtemps (rire).
Le prochain, ça devrait être l’auteur du Funky Lexicon (grosse bible illustrée sur les disques de soul funk), avec un petit showroom pour présenter son travail. Sinon, j´organise pas mal de choses avec Soul sauce, des concerts et soirées DJ/VJ au Divan du monde...
Pour suivre ses activités : www.palprod.com - Thomas Pasquet / Paris www.frenchattack.com
Source : Thomas Pasquet / French Attack.